LE « MEURS ET DEVIENS », LOI DU DIEU COSMIQUE
La Vie est toujours nouvelle! C’est pour ça qu’elle est toujours en train de mourir. Elle répond à la grande loi du cosmos: « Meurs et devient ». C’est la loi-même de la création, la loi du Dieu cosmique. En Orient on parle de l’impermanence de tout. L’automne que nous vivons ces jours-ci en est un bel exemple: octobre vient de nous voler tous les feuillages que l’été a tissés, dans la lenteur de sa floraison, en faisant surgir la beauté des fleurs au bout des branches. Puis, la bonté des fruits a fait mourir la beauté des fleurs à son tour. Et aujourd’hui, toute cette belle nature doit mourir pour que revienne le temps des floraisons et des récoltes au printemps. Tout passe parce que tout est vivant et en devenir. De même l’enfant doit mourir à l’enfance pour devenir adolescent. L’ado meurt à son tour à lui-mêne pour devenir un adulte. Quand on y réfléchit bien, la Vie est une mort continuelle à tout ce qui est dès notre entrée dans la vie. C’est une erreur de s’attacher à une forme passagère. Rien ne demeure, tout devient. Bien sûr on pleure souvent: la perte d’un amour, d’un ami très cher, d’une possession à laquelle nous tenions, d’une source de joie qui soudain se dérobe. Pourquoi en est-il ainsi? Parce que nous sommes attachés. Tout cela a-t-il un sens? Au delà des larmes qui font grandir, si j’en vois un, c’est celui d’une éternelle naissance. La vie ne se conserve qu’en devenant autre, qu’en mourant à l’ancien. La chenille ne sait rien du papillon et pourtant. La vie n’arrête jamais et va toujours de l’avant, de surprise en surprise. Elle est un mouvement perpétuel. Un éternel passage. Une pure manifestation de la splendeur du Dieu cosmique. Le « meurs et deviens » fait que la création, élan vital, se perpétue. L’adulte meurt à l’adulte pour devenir vieillard. Et finalement, le vieillard meurt à son tour pour devenir oups!… On ne sait pas quoi! Mais ça devrait être un plus. Non ? Comme d’habitude. Pourquoi la Vie ferait-elle ici une exception; pourquoi la dernière mort de l’homme n’obéirait plus à la loi cosmique et cesserait de le faire devenir autre chose, un plus être comme toujours, un être neuf et différent comme le veut sa loi. Tout ce qui est vivant obéit au «meurs et deviens » et soudain, la Vie transgresserait sa propre loi pour mettre fin à ce qu’elle est essentiellement? Et que dire de cette conscience que vous êtes et que je suis, qui reste immobile, immuable, éternelle, à regarder toute cette parade du vivant. Comme le disait notre grand poète national: « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans. »(Félix Leclerc, La vie, l’amour, la mort)
- (Petit résumé du contenu de l’article): Toute la vie consiste à mourir à ce qu’on est, à ce qu’on a, pour devenir plus. Pourquoi notre dernière mort ne nous conduirait pas à une vie plus grande. La mort, n’est-ce pas de la vie cachée comme le dit si bien Félix Leclerc). Voilà un signe de plus qu’il faut répondre oui au pari de Pascal.

Je lis avec grand intérêt tous tes articles. Merci pour ces moments de réflexion.